Mes chères voisines – MARISA DE LOS SANTOS, Presses de la cité, traduit par Anouk NEUHOFF, 384 pages. (Crédit photo : © Luigi Ciuffetelli)

Poète récompensée par plusieurs prix littéraires, l’Américaine Marisa de los Santos est titulaire d’un doctorat en littérature. Mes chères voisines est son premier roman publié en France.

La ville. La banlieue. Chaque lieu de vie a ses codes et son mode de fonctionnement.

Et quand le changement s’opère, qu’on quitte l’agitation de Manhattan comme c’est le cas de Cornelia et son mari Teo, il vaut mieux éviter de rester sur ses habitudes chopées à la ville, comme par exemple continuer à mettre des robes sexy et des talons à la pointe, alors que dans ce microcosme local, ce sont les mocassins-pantalon en lin qui ont le dernier mot de la mode. Comme il ne faut pas grand chose pour déclencher les ragots, eh bien rien que ça, c’est la porte ouverte à tous les « piaillements de voisinage ».

Et c’est parti, ça jacasse, ça jacasse…

Alors, comme le couple élu domicile dans ce nouveau quartier, ils vont apprendre au fil du temps à connaître cet entourage aux comportements hostiles et étranges du début, qui très vite s’avèreront différents au fur et à mesure que les secrets de vie seront découverts. Un très beau personnage qui glisse du côté obscur vers le côté lumineux, là où les qualités humaines brillent.

La voisine Piper est une peste insupportable, une vipère empoisonnée par son propre venin jusqu’au jour où la maladie touche Elisabeth, qui symboliquement deviendra l’antidote de Piper qui s’arrangera avec le temps, touchée en plein coeur, animé par des circonstances dramatiques qui la poussent à se comporter comme une femme courage, battante et pugnace.

Des personnages profondément humains dont la romancière s’amuse à chahuter et à nous décrire avec authenticité. Aucunement, elle ne cherche à maquiller les points sombres. Derrières des vies en apparence qui font rêver, une réalité évidente est dénoncée par Marisa de los Santos. Un livre truffé d’émotion, de critiques sur une société obsédée par la perfection et d’humour en jouant sur les stéréotypes.

Un livre au premier abord qui peut donner un effet de déjà-vu et de déjà-lu, mais qui très vite nous emporte dans l’univers personnel de la romancière. Une écriture de qualité qui nous a surpris positivement pour ce genre de livre où généralement le divertissement passe avant le style.

De la bonne humeur, de l’émotion, un zeste d’intelligence, de la chick lit efficace et bien plus intelligent qu’on ne peut le penser.