Que le meurtre soit – CHRIS MOONEY, Presses de la cité

Quatrième roman après Déviances mortelles (2005), L’Enfant à la luge (2006) et Disparues (2009), Chris Mooney confirme son talent de narrateur dans le genre en mettant en avant la fois sa technique d’écriture et sa patte personnelle, sans bien sûr oublier les conseils de son mentor littéraire qui lui a donné des cours d’écriture pour parfaire son savoir-faire. Ce professeur n’est autre que Tom Williams, le découvreur de Stephen King. Rien que lui.

Et le professionnel ne s’est pas trompé en la personne de Chris Mooney.

Que le meurtre soit est trépidant grâce à une atmosphère de découverte macabre de cadavres de jeunes filles qui se succèdent et qui ont toutes un lien. Le premier corps, celui de Judith Chen, est repêché dans le port de Boston. Une autre étudiante est retrouvé morte au bord de la Charles River quelque temps auparavant. Avec la particularité que l’auteur des crimes signent ses oeuvres funèbres juste en cousant une statuette de la Vierge dans une poche de leurs fringues à la mode.

Pour démêler les délires d’un déséquilibré en crise, Darby McCormick de la police scientifique de Boston se charge de l’affaire avec Malcolm Fletcher, ex-agent fédéral reconverti en justicier solitaire payé pour ses services par le père de l’une des victimes. L’officiel et l’officieux sur les traces d’un tueur agité par ses pulsions meurtrières. Avec comme par hasard, une avance plus sérieuse de la part de l’officieux, Malcolm Fletcher.

Un troisième cadavre d’une jeune fille rapproche les deux camps d’enquêteurs pour ne faire plus qu’un bloc face à la puissante détermination du serial-killer. Vont-ils ensemble réussir à freiner les ardeurs de ce meurtrier invétéré ?

Un polar rythmé, porté par une écriture dynamique qui n’hésite pas à décortiquer certaines scènes de crimes en évitant le piège de nous donner la nausée. En plus d’être agrippé par le suspense, les personnages sonnent juste grâce à une analyse psychologique de la part de l’auteur fouillée et pertinente. Que le meurtre soit se lit d’une traite avec à la clé une bonne dose de sensations fortes sans pour autant être bouffé par la frayeur. Chris Mooney est une bonne référence en la matière de polar. Il le confirme de nouveau avec ce dernier livre.